Lise's B.

Le blog de Lise Bouvet

– Désolée Monsieur @JLMelenchon, mais J.Assange est indéfendable.

Je publie aujourd’hui sur mon blog un texte de mon amie féministe Sophie Péchaud que je remercie de son autorisation. Je précise que j’ai fait campagne pour l’Avenir en commun, que j’ai voté pour Jean-Luc Mélenchon et tout candidat de la FI, malgré mon immense déception en tant que féministe, enfin surtout, que j’ai attendu la fin des élections législatives pour publier cet article afin de « ne pas être accusée de ». Que de couleuvres il nous faut avaler quand on est femme, féministe et « de gauche »… Ici Mélenchon se comporte exactement comme ses ex camarades du PS lors de l’affaire DSK, eux qu’il avait tant critiqués. Je constate, à nouveau, et ce dans tous les partis « de gauche » soi disant pour l’égalité femmes-hommes ou le socialisme, que certains ont un « mâle » fou à appliquer à la moitié de l’humanité les beaux principes dont ils se réclament.
« Insoumis, encore un effort si vous voulez être progressistes »… Lise Bouvet, le 26 juin 2017
assange

 

Assange ou le patriarcat dans tous les états
Le 24 mai 2017
Par Sophie Péchaud, Militante féministe
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Le 19 mai dernier, la Suède renonçait à poursuivre J. Assange pour viol et classait sans suite la plainte de la plaignante.
Lors de la conférence de presse, la procureure Marianne Ny en charge de l’enquête, faisait savoir que : « toutes les possibilités de faire avancer l’enquête ont été épuisées […] et il n’apparaît plus proportionné de maintenir la demande de placement en détention provisoire par défaut de Julian Assange ni le mandat d’arrêt européen ».
Elle a ensuite précisé que l’abandon des poursuites « ne résulte pas d’un examen complet des éléments de preuve » et que la justice suédoise « ne se prononce pas sur la question de la culpabilité ».[1]
La victime s’est déclarée choquée par la décision du parquet. Son avocate Elisabeth Fritz à complété à l’AFP : « C’est un scandale qu’un violeur présumé puisse échapper à la justice et par là éviter les tribunaux. Il existe des preuves dans ce dossier et ces preuves auraient dû être examinées lors d’un procès (…) aucune décision pour classer l’affaire ne peut changer le fait qu’Assange a commis sur elle un viol ».
De son coté, J. Assange a écrit sur Tweeter qu’il « n’oublierait pas et ne pardonnerait pas ». Son avocat Juan Branco et actuel candidat aux législatives sur la liste de La France Insoumise, a annoncé qu’il allait demander une nouvelle fois l’asile politique à la France. Cette dernière avait été refusée par François Hollande en 2015.
Le mouvement politique La France Insoumise, soutien inconditionnel de J. Assange s’est félicité par la voix de Jean-Luc Mélenchon en déclarant : « La Suède renonce aux poursuites pour viol contre Julian Assange. Nous avions raison de le soutenir »[2].

Mais… qu’est-ce qu’un classement sans suite ?

L’intervention de la procureure Mme Ny donne des éléments de compréhension qui semblent faire défaut à beaucoup de commentateurs et journalistes.
Un classement sans suite est la décision prise par le parquet de ne pas donner suite à une affaire. Cette décision n’a pas « l’autorité de la chose jugée », elle peut être révisée à tout moment, jusqu’à la prescription. C’est pourquoi la procureure a pris le soin de préciser que si J. Assange se rendait en Suède, les poursuites pourraient être ré-ouvertes jusqu’en 2020, date de la prescription.
Selon Mme Ny, la principale raison du classement sans suite est l’infernal imbroglio juridique suite au refus de J. Assange de se rendre en Suède pour y être entendu. Ce dernier craint d’être extradé aux Etats-Unis d’Amérique où il risquerait la peine de mort[3], suite à la diffusion de documents secrets de la CIA depuis le site Wikileaks dont il est le fondateur. Depuis 2012, J. Assange vit donc reclus à l’ambassade d’Equateur à Londres où il a trouvé refuge. À la demande de ce dernier, un groupe de travail de l’O.N.U a été mis en place chargé de statuer sur la légitimité de sa détention. Le 5 février 2016, les experts ont conclu que J. Assange était victime d’une détention arbitraire. En novembre 2016, une délégation Suédoise s’est finalement rendue au Royaume-Uni pour entendre J. Assange.
La procureure précise bien que la décision de classement sans suite n’est pas due à une infraction insuffisamment caractérisée. En d’autres termes, ce classement sans suite ne permet pas de dire que J. Assange est innocent ou coupable.
Rien n’interdit toutefois de prendre en considération les violences pour lesquelles il était poursuivi.

Les violences reprochées à J. Assange[4] :

J. Assange n’était pas poursuivi initialement pour un « seul » viol, mais pour quatre chefs d’inculpation détaillés ci-dessous, sur deux femmes[5] :
– « Sexual coercicion / contrainte sexuelle[6] » : J. Assange est accusé par une première femme -«Mme A.» – d’avoir usé du poids de son corps pour la maintenir couchée, le 14 août 2010;
– « Sexual molestation / agression sexuelle[7] » : J. Assange est accusé d’avoir, au cours de la même relation sexuelle avec Mme A., détruit son préservatif alors qu’elle avait exprimé le souhait d’en utiliser un ;
– « Sexual molestation / agression sexuelle» de Mme A., le 18 août 2010, soit quatre jours plus tard;
– « Rape / viol[8] » de Mme W., le 17 août 2010, alors qu’elle était endormie.
Les dépositions des deux victimes, l’audition de J. Assange le 20 août 2010, puis sa déclaration le 14 novembre 2016 à l’aAmbassade d’Equateur, sont mises en ligne sur différents sites[9], et donc accessibles à la connaissance de toutes et tous.
Si les auditions des victimes sont particulièrement éloquentes, par respect pour les deux plaignantes et sans savoir dans quelles conditions elles ont étés publiées, leur contenu ne sera pas retranscrit littéralement, mais résumé ci-dessous.
À l’occasion d’un séminaire organisé par le Parti Social Démocrate, J. Assange se rend en Suède pour une semaine et fait la rencontre de deux femmes Mme A. et Mme W. respectivement organisatrice de l’événement et bénévole, avec lesquelles il aura plusieurs relations sexuelles.

Les deux premiers actes d’accusation : la « contrainte sexuelle » et l’ « agression sexuelle »

concernent Mme A. Son audition précise qu’après avoir déchiré les vêtements et le collier de Mme A., J. Assange a essayé de la pénétrer sans préservatif, ce à quoi elle s’est opposée tant physiquement que verbalement. J.Assange aurait alors consenti à mettre un préservatif, qu’il aurait intentionnellement abimé afin d’éjaculer en elle sans protection.
Selon Mme Leijonhufvud, spécialiste du droit des violences sexuelles en Suède, « cela ne constitue pas un crime de transgresser un refus. Il en faut plus : soit des violences, soit des menaces, soit une situation particulièrement difficile pour la victime »[10]. Manifestement, le fait d’arracher les vêtements de Mme A., de casser son collier, ou encore d’enlever ses vêtements après qu’elle a tenté de les remettre n’a pas suffit à la justice suédoise pour caractériser la violence. J. Assange peut s’estimer chanceux, car outrepasser ou tromper l’accord de l’autre afin d’avoir ou de poursuivre une relation sexuelle, doit pouvoir être qualifié de viol et non d’agression sexuelle.
La suisse vient d’ailleurs de condamner pour viol (un an avec sursis seulement), un homme français ayant retiré son préservatif pendant un acte sexuel, sans en avertir sa partenaire, alors qu’elle avait exigé une protection[11].
Alexandra Brodsky, juriste Américaine, a récemment publié une étude[12] démontrant que les cas de retrait des préservatifs par surprise sont de plus en plus nombreux. Elle propose de considérer ces cas (nommés« Stealther » : « furtivité » en français), comme des violences sexuelles. C’est d’ailleurs le cas en France, puisque l’article 222-23 du Code Pénal permet de criminaliser un acte de pénétration sexuelle commis par surprise.[13]
Le troisième acte d’accusation est encore une « agression sexuelle » : le rapport de police précise que J. Assange a sans arrêt harcelé sexuellement Mme A. les jours suivants, puis l’a agressé sexuellement le 18 août en se frottant le pénis contre elle après avoir soudainement enlevé ses propres vêtements.
Le quatrième acte d’accusation est un « viol » contre Mme W. : Mme W. explique que J. Assange l’a poussé sur le lit en lui écartant les jambes pour l’a pénétrer alors qu’elle ne voulait pas avoir de relation sexuelle non protégée. Mme W. devait insister à chaque fois pour que J. assange porte un préservatif. Elle expliquait qu’il le faisait à contre-cœur. Le matin, alors qu’elle dormait, elle a senti que J. Assange était entrain de la pénétrer. Il ne portait pas de préservatif et a éjaculé dans son vagin.
La section 1 du chapitre 6 du Code pénal Suédois de 1999, disposait qu’il convenait de prendre en compte la nature des violences et des circonstances en général permettant de caractériser un rapport sexuel forcé. Ici, l’état de sommeil de Mme W permet de caractériser un rapport sexuel forcé. La réforme de 2014 a considérablement étoffé la définition du viol, en rajoutant la notion « d’assault/attaque » dans les éléments constitutifs, puis en précisant que le viol s’applique aussi au fait « d’engager avec une autre personne un rapport sexuel ou un acte sexuel en profitant du fait que cette personne est inconsciente, qu’elle dort, qu’elle est dans un état de panique, qu’elle est intoxiquée, malade, blessée physiquement, ou perturbée mentalement, ou dans un état de vulnérabilité. »
Depuis août 2015, les trois premiers actes d’accusation sont prescrits, puisque J. Assange a fuit la Suède. Le dernier viol vient donc d’être classé sans suite le 19 mai dernier.

« La suède est l’Arabie Saoudite du féminisme [14] ». J. Assange

« L’affaire Assange » a déclenché une vague anti-féministe très violente en Suède (et partout ailleurs), car la procureure Mme Ny entendait placer au cœur de la procédure une question de fond : celle du consentement. S’il devrait être acquis qu’une personne qui dit « non » n’est pas consentante à un rapport sexuel, on doit également pouvoir conclure qu’une personne qui ne dit rien, (parce qu’elle dort par exemple), n’est pas consentante non plus [15].
De même, on doit pouvoir décider qu’à tout moment, les femmes (et les hommes), peuvent interrompre une relation sexuelle – quelles que soient les raisons -, que la pénétration et l’éjaculation des hommes n’est pas une fin en soi et qu’il n’y a pas de « droit au sexe ». Il n’y a qu’une communauté de désirs réciproques et permanents. Et que celui qui contrevient aux désirs de l’autre est coupable de viol.
Au delà des habituelles stratégies de défense des hommes médiatiques et politiques, invoquant des complots dès lors qu’ils sont mis en cause pour violences sexuelle [16], le traitement de cette « affaire » fût une attaque en règle du féminisme et de son influence en Suède, notamment dans la sphère pénale, en ce qu’il tente de contrevenir et de condamner des comportements violents masculins, qui jusqu’alors pouvaient être considérés comme de la « sexualité » car non punis.
La procureure suédoise Mme Ny s’est attaquée aux libertés de nous agresser et de nous violer que les hommes possèdent encore en France.
Il ne faut donc pas s’étonner de l’uniformité patriarcale [17] des réactions médiatiques et des informations des plus grands médias internationaux créant une chape de plomb, une véritable censure des violences reprochées à J. Assange [18].
Les hommes ont peur. Ils perdent peu à peu le droit qu’ils avaient de nous violenter.
En France, il a fallu attendre 1992 pour qu’un juge d’instruction s’autorise enfin à renvoyer devant la Cour d’assises un mari pour le viol de son épouse. Vingt ans plus tard, la loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel, pénalisant les clients [19] est enfin votée. Désormais la Suède poursuit une réflexion de fond sur la question du consentement. En 2014, le gouvernement a mis en place un groupe de travail sur le sujet. Il a notamment été question de supprimer les modes opératoires permettant de caractériser l’infraction de viol afin de ne conserver que la question de la « participation volontaire » [20]. C’est cette exigence que nous devons atteindre en France, en commençant par repenser l’intégralité des dispositions relatives aux violences sexuelles du Code pénal.

Le soutien de Jean-Luc Mélenchon

Par ailleurs, J. Assange a bénéficié du soutien inconditionnel de La France Insoumise depuis le début. Jean-Luc Mélenchon n’a jamais caché son soutien à J. Assange, le programme « l’Avenir en commun » en fait d’ailleurs état.
Le 30 novembre 2016, dans une vidéo [21] sur la chaine youtube de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon va plus loin.
À la minute 43, un internaute demande au candidat :
« Que pensez-vous des lanceurs d’alerte, comme Assange ou Snowden et seriez-vous prêt à les accueillir en France ? »
La réponse du candidat est très claire : il donnera la nationalité française à Snowden et à Assange, lesquels seront décorés de la légion d’honneur pour service rendu à l’Etat. Puis le candidat poursuit :
« Assange est depuis trois ans dans une pièce de trois mètres sur deux, il ne peut pas sortir de là car dehors il y a les machines à faire du bruit et il y a la police qui l’attend pour le ramasser, car évidement il y a toujours un bon prétexte, ils l’arrêteraient pour une soi-disant affaire de viol pour laquelle il est poursuivi hein, il n’est ni inculpé, ni condamné, attention hein, il est juste poursuivi ! ».

« Une soi-disant affaire de viol ».

S’il n’apparaît pas incohérent pour un parti qui se dit anti-patriarcal de décorer et d’offrir la nationalité Française à une personne suspectée de viol, est-ce parce que la France Insoumise ou tout du moins ses membres dirigeants [22] ne portent finalement que peu d’intérêt et de crédit aux femmes qui ont dénoncées les violences sexuelles ?.
Or, à la lumière des rapports de police, des auditions des deux femmes, du mode opératoire similaire qu’elles dénoncent (violences et tentatives répétées de J.Assange à les pénétrer sans protection, réticence à porter un préservatif, immobilisation des femmes en leur bloquant les bras, acte sexuel aboutissant à une éjaculation sans protection) et en particulier de Mme W., il y a tout lieu de considérer avec gravité et impartialité les violences qui étaient reprochées à J. Assange.
En prétendant qu’il s’agit d’une « soi-disant » affaire de viol, M. Mélenchon a sous-entendu que la plainte de Mme W. était calomnieuse et donc qu’elle mentait ou que le fait qu’elle dénonçait n’est pas un viol, ce qui est très grave. De plus, les ravages d’une telle position auprès des hommes à qui La France Insoumise démontre qu’on peut-être suspecté de viol tout en étant soutenu par un potentiel vainqueur à l’élection présidentielle sont évidents.

L’habile présomption d’innocence

À cette époque, J. Assange n’était certes pas inculpé. La présomption d’innocence est un principe de droit fondamental, pour autant, force est de constater ces derniers temps, qu’elle n’a pas été revendiquée avec la même constance.
On a pu constater la présence -à raison- d’élues du Parti de Gauche au rassemblement du 11 mai 2016, contre Denis Baupin, accusé de harcèlement et d’agressions sexuelles, alors même que celui-ci n’était pas encore poursuivi, encore moins condamné. La France Insoumise a soutenu -à raison- « Théo », victime de viol de la part de policiers, alors que ces derniers n’étaient pas mis en examen.
Il doit en être de même pour toutes femmes dénonçant des violences sexuelles, quel que soit l’homme mis en cause. Il ne s’agissait pas de bafouer la présomption d’innocence. Il s’agissait de prendre en considération les violences sexuelles pour lesquelles J.Assange était poursuivi, ce qui aurait du aboutir à observer une attitude de réserve par rapport à ce dernier et de décence par rapport aux femmes qui dénonçaient les faits.En distinguant l’homme médiatique des violences sexuelles qu’on lui reprochait, La France Insoumise, mouvement politique, a renforcé l’idée que les violences sexuelles ne regardent personne, qu’elles sont de l’ordre du privé, tirant ainsi un trait sur un des principes fondamentaux du féminisme.

« Nous avions raison de le soutenir »

« La Suède renonce aux poursuites pour viol contre Julian Assange. Nous avions raison de le soutenir »[23].
Jean-Luc Mélenchon se félicite maintenant d’avoir soutenu J. Assange. Il laisse donc entendre que le classement sans suite vient confirmer la conviction qu’il avait de l’innocence de ce dernier et donc du mensonge de la plaignante.
Mais alors, que dire des classements sans suite de manière générale ? J. Assange bénéficie t-il d’un traitement particulier – et pour quelles raisons ?- ou Jean-Luc Mélenchon estime t-il que « tous » les hommes poursuivis pour viol dont le dossier a été classé sans suite méritent son soutien… en sa qualité d’homme ?

« Tout est bien qui fini bien »

Jusqu’au bout, on a pu observer avec quelle constance et quel acharnement le monde patriarcal tente toujours de retomber sur ses pattes lorsqu’il est bousculé, et ce, jusqu’à trahir le concept même de présomption d’innocence et de classement sans suite.
Tous les jours, des hommes « qu’ils soient maris, pères, frères, oncles, grands pères, cousins, amis de la famille, beaux-pères, les hommes agressent d’abord sexuellement les enfants au sein de leur famille ;
Qu’ils soient chefs d’État, agriculteurs, journalistes, chômeurs, médecins, fonctionnaires, hommes politiques, artisans, directeur du FMI, ouvriers, avocats, militaires, curés, pompiers, artistes, magistrats, commerçants ou policiers ; quelque soit leur classe sociale, leur nationalité, leur âge, les hommes noues violent en toute impunité » [24].
Pour espérer être entendues, crues et respectées, il faut noues rendre à l’évidence : mieux vaut porter plainte pour viol contre un homme inconnu et sans talent, de préférence avec violence, la nuit, dans un parking.
“Dommage” pour noues, ces viols ne sont pas les plus fréquents, pour la simple raison que la complicité et le soutien d’un groupe sexué, social ou d’une société entière est une des conditions nécessaires à la commission du crime de viol et de son impunité.
Sophie Péchaud. Militante féministe
Notes
[1] http://www.la-croix.com/Monde/Europe/Suede-abandonne-poursuites-viol-visant-Julian-Assange-2017-05-19-1200848613http://tempsreel.nouvelobs.com/just…
[2] https://twitter.com/JLMelenchon/sta…
[3] Cette lettre n’a donc pas pour but de minimiser les risques encourus par J.Assange si ce dernier était arrêté par les Etats-Unis. Les tortures et violences sexuelles subies par la « lanceuse d’alerte » Chelsea Manning, (principale source de J.Assange), arrêtée par les Etats-Unis, sont terrifiantes.
[4] La description des faits se base sur le croisement des actes d’accusations, de l’analyse du chapitre 6 « On Sexual Crimes » du Code pénal Suédois de 1999 et 2014, et des auditions des victimes. Démarche inédite, puisque, à ma connaissance et sans grande surprise, pas un seul média n’a fait ce travail. N’étant pas juriste, cette analyse est perfectible et pourra être amendée si besoin à l’avenir.
[5] https://www.theguardian.com/media/2010/dec/08/julian-assange-rape-allegations et https://studentactivism.net/2010/12…
[6] Section 2, Chap. 6 Code Pénal Suédois « sexual coercion »
[7] Section 7, Chap 6 Code Pénal Suédois « sexual molestation »
[8] Section 1, Chap. 6 Code pénal Suédois « rape ». Les termes en français sont des traductions et ne font pas référence aux crimes et délits du Code pénal Français, lesquels sont différents. Par exemple, ce que nous considérons comme une agression sexuelle en France peut-être qualifiée de viol en Suède, car la définition n’est pas limitée à « tout acte de pénétration sexuelle ». Il faut en revanche que l’acte soit commis avec menace ou violence ( C.P. 1999) ou « assault/attaque » (C.P. 2014). J. Assange est poursuivi sous l’empire du Code Pénal Suédois de 1962 et de ses amendements de 1999. Ce que le Code pénal Suédois appelle « sexual molestation », traduisible par « agression sexuelle », serait l’équivalent du délit d’exhibition sexuelle en France. Selon le service de presse du parquet de Göteborg : « L’agression sexuelle est également retenue lorsqu’une personne s’expose elle-même d’une manière offensante ou indécente, par des mots ou par un acte qui attentent à la pudeur. » J’émets l’hypothèse que c’est ce délit qui a été retenu pour deux faits, la violence ou la menace nécessaire à la qualification de viol, n’ayant pas pu être caractérisée, comme nous le verrons plus loin.
[9] Auditions des victimes : http://www.nnn.se/nordic/assange/docs/memoria.pdf /http://rixstep.com/1/20110131,00.sh… Déclaration de J. Assange : https://justice4assange.com/IMG/htm…
[10] Cf « La-Suede-pourrait-durcir-encore-sa-loi-sur-le-viol ».http://www.lematin.ch/monde/La-Suede-pourrait-durcir-encore-sa-loi-sur-le-viol/story/10599920
[11] http://www.lexpress.fr/actualite/so…
[12] http://www.lci.fr/societe/le-stealt…
[13] Article 222-23 du Code pénal : « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise »
[14] http://www.thesundaytimes.co.uk/sto…
[15] Cf. « Tea consent », https://www.youtube.com/watch?v=oQb…
[16] Mme A, a été accusée d’être une espionne de la CIA, qui, pour le compte des USA serait chargée de faire tomber J. Assange en l’accusant de viol… Assange serait alors extradé aux USA par l’entremise de la Suède.
[17] Cf Christian Diesen, professeur à la faculté de droit de Stocklholm: « Aujourd’hui, les femmes en Suède considèrent qu’elles ont le droit de dire “non” à n’importe quel moment d’un rapport et qu’une relation forcée, même sans menace ou violence, est un viol qui doit faire l’objet de poursuites. ». http://rue89.nouvelobs.com/2010/12/…À lire aussi l’immonde formulation du journaliste Gilles Klein du site Arrêt sur image « En l’état actuel du dossier, sont donc reprochés à Assange d’avoir imposé des relations sexuelles non protégées (mais le point de savoir si la partenaire a effectivement demandé à Assange de remettre un préservatif sera certainement disputé) et une relation avec une femme endormie. » ! http://www.arretsurimages.net/articles/2012-08-12/Quand-les-preservatifs-d-Assange-deviennent-un-enjeu-d-information-id3591
[18] Cf. pour exemple, le reportage de 16mn de l’émission « Le Supplément » de Canal + du 23 mars 2016, faisant le portrait de l’avocat Juan Branco en réussissant l‘exploit de ne jamais parler de viol, tout en laissant penser que J. Assange est emprisonné à cause de « l’affaire Wikileaks ». C’est d’ailleurs à cette occasion que Jean-Luc Mélenchon et Juan Branco semblent se rencontrer pour la première fois. J. Branco y affirmera la nécessité d’adopter une attitude indépendante vis à vis de tous partis politique, en sa qualité d’avocat. https://www.youtube.com/watch?v=8wjz5OTB5Yo
[19] La légèreté de la peine encourue, une amende de 5ème classe, ne peut être satisfaisante, car les clients de la prostitution sont coupables de viols, donc de crimes.
[20] http://www.thelocal.se/20160419/how…
[21] https://www.youtube.com/watch?v=GkP…
[22] Il est permis d’espérer que tou.te.s les militant.e.s de La France Insoumise ne partagent pas cette position.
[23] https://twitter.com/JLMelenchon/sta…
[24] Cette liste est tirée du manifeste de l’association « Prendre le droit, féministes pour un monde sans viol(s) ». http://prendreledroit.org/manifeste…
Crédit photo : Topor
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Cette entrée a été publiée le 20 juin 2017 par dans Assange, Culture du Viol, Féminisme, Hommes Politiques, Impunité, Patriarcat, Viol, Violences Masculines, et est taguée .

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