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Le blog de Lise Bouvet

– Lettre ouverte d’une victime de Georges Tron

 Lettre ouverte d’une victime de Georges Tron

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© Bernard Bisson/JDD/SIPA

Après qu’elle ait été refusée par la presse, à sa demande et avec son accord, je publie ici la lettre de mon amie Virginie, une des deux victimes partie civile de l’affaire Tron. Je suis ulcérée, et le terme est faible… Rappelons que Georges Tron vient d’être investi aux élections législatives par son parti alors qu’il est renvoyé devant la Cour d’Assises pour viols et agressions sexuelles. J’accompagnerai Virginie au procès, ainsi qu’Eva l’autre victime, au côté de Yaël Mellul, qui suit le dossier depuis 5 ans.

SVP aidez nous à faire porter sa voix et twittez cette lettre aux @lesRepublicains ! 

« Lettre ouverte à ceux qui pensent qu’en France, les femmes qui sont violées par des hommes importants ont autant de droits que les autres

Aujourd’hui, j’ai appris que LES REPUBLICAINS venaient d’accorder l’investiture à Monsieur Georges TRON en vue des prochaines législatives.

Un homme renvoyé aux assises pour viol en réunion est donc jugé parfaitement légitime à représenter ses concitoyens, ce qui est une belle leçon de démocratie et prouve que les amitiés politiques l’emporteront toujours sur la simple décence.
Jusqu’à présent, je rongeais mon frein et j’attendais que la Cour d’assises de Bobigny puisse enfin trouver quelques jours afin que se tienne le procès que j’appelle de mes vœux depuis maintenant plus de cinq ans et que je n’ai obtenu qu’à l’issue d’une lutte acharnée tout au long de laquelle j’ai été traînée dans la boue.
Cette nouvelle m’a fait comprendre qu’il n’y aurait très probablement aucun procès avant les prochaines échéances électorales. La raison, jamais avancée mais tellement évidente, étant que, évidemment, les électeurs pourraient être moins tentés d’offrir leur voix à Monsieur TRON si celui-ci avait été déjà condamné une première fois.
Ainsi, en France, le destin électoral d’un homme contre lequel ont été réunies des charges criminelles suffisantes à justifier son renvoi devant une Cour d’assises compte davantage que le droit de sa victime à le voir sanctionné.
Comme si ce n’était pas suffisant, j’apprends que, dans le cadre de la plainte déposée, à EVRY, il y a maintenant plus de trois ans, du chef de subornation de témoins, les juges d’instruction désignés refusent de mettre en examen Monsieur TRON, en dépit des éléments accablants qui figurent dans le dossier et des propres recommandations des services de police chargés de l’enquête.
L’homme qui m’a violée bénéficie manifestement de puissantes protections.
Pendant ce temps-là, moi, j’ai perdu mon travail, ma vie, mon avenir et j’en suis réduite à me terrer le plus loin possible de mon existence d’avant, ce qui ne m’empêche d’ailleurs pas de recevoir des menaces de mort, dirigées contre mes enfants et moi, et sur lesquelles personne, en dépit de ma plainte, n’enquête aujourd’hui de façon sérieuse.
J’ai lu récemment dans la presse qu’il y aurait un réveil des consciences face aux harcèlement et agression sexuelles commises par certains élus. Peut-être dans les médias en parle-t-on davantage. En ce qui me concerne, la situation me paraît figée.
Mon agresseur est toujours en poste, peut-être bientôt député, bénéficie des largesses de la république et s’affiche au grand jour, comme si rien ne lui était reproché, pendant que moi, je me cache, sans presque plus rien à quoi me raccrocher, victime d’une justice qui détruit celles et ceux qu’elle a pourtant pour mission de protéger. »
Virginie FAUX
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Cette entrée a été publiée le 24 juin 2016 par dans Hommes Politiques, Impunité, Viol, Violences Masculines.
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